Depuis 2018, année d’adoption de sa diplomatie féministe, la France s’est engagée à faire progresser l’égalité réelle entre les femmes et les hommes sur le plan national et international. Ses engagements au niveau international sont multiples, en particulier en faveur de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies déclinée au niveau national par des plans d’action, mais aussi de la Convention d’Istanbul, de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), et de son engagement
pour l’objectif de développement durable n°53 . La France a fait de l’égalité entre les genres et de la promotion des femmes au sein de toutes les instances publiques une priorité.
Bien que de nombreux progrès aient été réalisés depuis 2019, le rôle et le nombre de femmes à des postes clés demeurent toutefois en deçà des ambitions annoncées. Des ministères ont même dû payer des pénalités à cause de la sous-représentation des femmes en leur sein. Ce constat appelle donc à plusieurs interrogations. Pourquoi est-il encore si difficile de voir une parité émerger à des postes clés dans l’administration française ? Quels sont les freins à la participation pleine et entière des femmes aux niveaux les plus élevés de l’administration et de la prise de décision politique ?
Dans cette étude, nous avons cherché à quantifier certaines de ces disparités qui persistent entre les genres dans deux ministères régaliens : celui des Affaires étrangères et celui des Armées. Notre objectif est d’identifier les efforts à fournir pour accompagner les femmes vers les postes à responsabilité et d’identifier les freins et obstacles qui perdurent. La Gender Score Card se fixe également pour objectif de mettre en lumière les mesures correctrices de ces inégalités qui, nous l’espérons, auront dans les prochaines années encore plus d’effets positifs sur l’équilibre des genres. L’exemplarité des ministères de l’Europe et des Affaires étrangères et des Armées, dans leurs pratiques internes, est un élément essentiel du déploiement de la diplomatie féministe et de la résolution 1325.